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Terra Femina, terre de fragiles

Terra Femina, comme l’indique son nom, doit être à la pointe du féminisme. C’est pour cela qu’on s’y fait un point d’honneur à défendre toutes les représentantes du sexe opprimé. Par l’intermédiaire de son auteur Clément Aubrun, qui s’est déjà illustré pour ses articles engagés sur la question, le site nous livre là une formidable revue de presse des détracteurs de ses idoles, sans jamais répondre sur le fond aux accusations qu’il dénonce, se contentant de distribuer les procès dans une langue inimitable.

L’article en question: https://www.terrafemina.com/article/sexisme-de-megan-rapinoe-a-greta-thunberg-ces-militantes-qui-derangent-les-reacs_a349853/1

1ère victime : Greta Thunberg

« Dérive extrémiste de la lutte contre le réchauffement climatique », « propagande alarmiste »… D’accord, mais insister sur le ressenti d’une personne qui reçoit autant d’opposition n’a jamais aidé à démontrer en quoi cette opposition est illégitime.

La technique est simple : agiter quelques notions anxiogènes dont serait victime une pauvre gamine de 16 ans – malade de surcroît – sans jamais les démontrer, comptant sur son âge et sa pathologie pour générer de l’empathie et combler l’absence d’argumentation. Niveau déontologie journalistique, on aura vu mieux.

Quant à l’angoisse de Charles Consigny, elle est aisément compréhensible au vu du cataclysme annoncé et du discours tenu : « Si j’ai des enfants, peut-être qu’ils me demanderont de parler de vous. […] Peut-être qu’ils me demanderont pourquoi vous n’avez rien fait alors qu’il était encore temps d’agir. » avait déclarée Greta Thunberg devant les dirigeants réunis à la COP24 en décembre 2018, avant de poursuivre : « vous n’êtes pas assez matures ». L’angoisse est un bien faible mot.

2ème victime : Carola Rackete

« Politiquement correct », « bien-pensance »… on ne peut que difficilement discréditer de telles accusations envers celle qui défia ouvertement les autorités et la légalité pour faire parvenir des migrants en Italie. Si la disgression des lois était plus incommodante que la disgression des médias (entièrement acquis à la cause des migrants) ça se saurait. Il n’y a qu’à voir la prééminence des points de vue favorables à l’activiste exposés dans les médias.

L’argument proprement le plus insupportable est ici dégainé : la femme dérangerait lorsqu’elle est engagée, de surcroît jeune et affranchie, et son engagement ne serait qu’une provocation, un pied de nez, déduit-on, au patriarcat. Quand la victimisation atteint des sommets, la logique touche le fond. Puisqu’il est à l’évidence impossible de corroborer de telles affirmations, gageons plutôt que l’antipathie que suscite la gente dame provient plutôt de son engagement envers les migrants et de son opposition frontale aux tenants d’une immigration réduite, qu’elle soit raisonnée ou idéologique.

3ème victime : Anne Hidalgo

Là encore, l’auteur excelle dans l’énumération des articles contradictoires et le maniement du sarcasme, avec presque autant de virtuosité qu’il exerce sa mauvaise foi. Si chaque qualificatif dont est affublé Anne Hidalgo est de la responsabilité et opinion de son auteur, jamais Causeur n’a en l’occurrence reproché à la maire de Paris sa passion pour le vivre-ensemble, mais a brandi cette expression comme la première concernée la brandit elle-même comme un argument de sa politique.

Les défauts listés ici par Causeur n’ont rien à voir avec le fait qu’Anne Hidalgo soit une femme, mais tout à voir avec le jugement que le journal (lui-même dirigé par une femme) a de ses compétences. Encore une fois, impossible de critiquer une femme sans être macho, comme Sibeth Ndaye sans être raciste.

Quant à la dernière citation, mettre sur le même plan un commentaire véritablement sexiste que d’autres qui ne le sont pas ne fait que renforcer l’escroquerie intellectuelle du propos.

4ème : Megan Rapinoe

Le festival de bullshit est à son paroxysme. « Grande gueule », « insupportable et pathétique », « arrogante » sont des opinions, certes, d’autant plus respectables qu’elles sont plus argumentées que celles de Terra Femina. Si l’on ne peut accorder à Donald Trump le bénéfice de l’élégance, Rapinoe et son attitude vis-à-vis de la Maison Blanche en tant qu’institution indépendamment de son locataire, ne peut davantage s’en réclamer. Mais en quoi sera-t-elle « toujours perdante aux yeux des mecs », qui sont pléthore à la soutenir ?

WTF ? Source ? Signification ? Apport d’une telle citation ? On a reproché à Megan Rapinoe d’être arrogante parce qu’elle dansait ? Ou parce qu’elle refusait de chanter l’hymne et snobait un jeune fan ?

Être anti-Trump, anti-discriminations salariales et LGBTQ-friendly n’a jamais été un motif d’adhésion au club de la « terreur féministe » comme titraient Causeur et Valeurs Actuelles, qui définissent cela par les dérives vengeresses et délatrices décuplées depuis MeToo, et les arguments fallacieux de la presse gauchiste. Terra Femina y aurait toute sa place !

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Ex Nihilo se positionne sur la ligne “centriste et malpensante”, contre le conformisme et le nihilisme de l’époque. Blasphème depuis 2016.

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